Du passage Cadot au cinéma municipalLes origines :En 1911, à l'emplacement de l'actuel cinéma municipal La Palette s'élevait un magasin de textiles appartenant à un certain Cormod. Le 27 mars 1911, le Tournusien Pierre Cadot décède en léguant la somme, importante pour l'époque, de 30 000 F, destinée à l'exécution de travaux de salubrité ou d'utilité publique. Le Conseil municipal évoque ce legs au cours de plusieurs séances (en avril, mai et septembre 1911) et décide de l'utiliser pour acheter l'immeuble Cormod qui sera aussitôt démoli afin de laisser place à un passage couvert qui reliera la rue de la République (alors rue du Centre et... route nationale 6, la route nationale actuelle n'ayant été créée que beaucoup plus tard) au quai du Centre et abritera un marché couvert fermé. Un décret du 21 août 1911 déclare l'utilité publique du marché couvert.Du marché au cinéma :Dans les années 1950, le passage Cadot est devenu un lieu plutôt mal famé : il n'y a plus de marché couvert et, ouvert en permanence, il sert un peu trop souvent de pissotière. En 1956 la municipalité le confie à un passionné de cinéma, Martin Parsekoff, qui y installe un cinéma privé, La Palette, qu'il exploitera jusqu'en 1988.Municipalisation :En 1988, la télévision, les cassettes vidéo (le DVD n'existe pas encore) et les complexes cinématographiques multi-salles des grandes villes ont mis en péril de nombreuses petites salles. La Palette n'échappe pas à la règle et Martin Parsekoff va devoir fermer boutique faute de repreneur. Consciente de l'importance de cette salle pour l'animation de la ville, la municipalité de Roger Gautheron (maire de 1977 à 1991) décide de racheter le fonds et d'en poursuivre l'exploitation en tant que salle municipale. Elle nomme un directeur qui relancera le cinéma puis une directrice qui restera en poste jusqu'en 2004 et dont la compétence se révélera essentielle, non seulement pour la survie du cinéma, mais encore pour sa promotion avec l'obtention des labels "Art et Essai", "Répertoire", "Jeune Public" et avec la participation aux opérations "Ecole au Cinéma", "Collège au Cinéma" et "Lycée au Cinéma". Sa remplaçante arrivée en septembre 2004 souhaitait poursuivre dans la même voie mais, faisant état d'un profond désaccord avec la municipalité, elle démissionnait au printemps 2005.Des craintes pour l'avenir, une fausse alerte ?Début 2005, le maire annonce qu'il va falloir réduire le déficit d'exploitation de la salle. C'est que, depuis le 1er janvier, le cinéma dispose d'un budget annexe indépendant du budget municipal. Il en ressort la mise en évidence d'un déficit dont tous les élus connaissaient depuis longtemps l'existence mais sans trop s'en soucier, le jugeant raisonnable. Pendant que la population se mobilise (en quelques semaines, une pétition est signée par plus de 1 200 personnes du Tournugeois et au-delà) et, alors que la nouvelle directrice démissionne avec fracas quelques mois seulement après son arrivée, la municipalité envisage de privatiser l'exploitation de la salle. Cette solution ne pouvant pas être viable sans une subvention municipale au moins égale au déficit actuel, elle est abandonnée sous la pression populaire et un nouveau directeur est embauché début juillet 2005 par la municipalité... théoriquement pour continuer dans la même voie que ses prédécesseurs.Les craintes des amateurs de cinéma résident surtout dans le risque de voir sacrifier la programmation Art et Essai au profit de films plus commerciaux. Or, la programmation Art et Essai a attiré une bonne moitié du public de 2004 ; elle concourt à l'image extérieure de Tournus et permet à la salle de bénéficier d'une subvention conséquente versée par le Centre National de la Cinématographie. Une baisse importante de la programmation Art et Essai risquerait de réduire la fréquentation de La Palette et d'aggraver le déficit avec, pour conséquence, la fermeture définitive de la salle.
On ne saurait tirer de conclusions de l'examen du seul compte administratif 2005 du cinéma (l'équivalent du compte d'exploitation d'une entreprise) : la très nette baisse des recettes peut aussi bien s'expliquer par la baisse du nombre de séances que par le moindre succès des films proposés (dans toutes les salles, la fréquentation est tributaire du plus ou moins grand attrait des nouveautés disponibles). Optimiste, le budget 2006 prévoit une assez forte remontée des recettes malgré l'augmentation du prix des places (faiblement compensée par l'extension des tarifs réduits au personnes âgées). Ce n'est qu'au début de 2007 que l'on pourra commencer à essayer de faire une analyse réaliste des chiffres, sur la base d'une année d'exploitation 2006 complète et moins mouvementée que 2005. Depuis les élections municipales de mars 2008, la nouvelle équipe n'a rien bouleversé et semble bien décidée à assurer l'avenir du cinéma municipal. |
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